đčđ· Istanbul, mon Ă©ternel coup de cĆur
- Afef Jemili
- 12 févr.
- 8 min de lecture
Istanbul est une ville coup de cĆur. Vivante, vibrante, culturellement riche, elle ne laisse aucune place Ă lâennui.Câest dĂ©jĂ ma troisiĂšme visite Ă Istanbul, et pourtant, jâai encore dĂ©couvert une nouvelle facette de la Turquie. Une ville aux mille visages, entre traditions et modernitĂ©, Orient et Occident.

âïžÂ Vol & arrivĂ©e Ă Istanbul
Jâai rĂ©servĂ© mes billets bien en avance avec Turkish Airlines pour 285 ⏠aller-retour depuis Nice. Il est possible de trouver moins cher, notamment avec la nouvelle compagnie low cost turque, mais attention : certains vols arrivent dans des aĂ©roports plus Ă©loignĂ©s du centre.
Pour le transfert, jâai optĂ© cette fois-ci pour un taxi rĂ©servĂ© via Booking, qui mâattendait directement Ă lâaĂ©roport. CoĂ»t : 23 ⏠jusquâĂ lâhĂŽtel, pratique et sans stress aprĂšs le vol.
đšÂ OĂč dormir Ă Istanbul ?
Je voulais absolument loger dans le centre, afin de pouvoir tout faire Ă pied. Jâai trouvĂ© un hĂŽtel super sympa, idĂ©alement situĂ© :
Ă 15 minutes du Grand Bazar
Ă 20 minutes de Sainte-Sophie
đ Je vous partagerai le lien juste en dessous.
đ Jour 1 : immersion dans lâIstanbul historique
Le Grand Bazar:


Impossible de commencer un sĂ©jour Ă Istanbul sans visiter le Grand Bazar. Câest un lieu animĂ©, colorĂ© et bruyant, oĂč chaque allĂ©e donne envie dâacheter quelque chose.


â ïžÂ Petit conseil : les vendeurs sont trĂšs persuasifs, il faut absolument nĂ©gocier les prix !
Et bien sûr, impossible de repartir sans goûter :
un lokum (loukoum)
une baklava turque
un bon café turc


Mosquées et street food : un voyage entre histoire et saveurs
Istanbul, câest un vĂ©ritable musĂ©e Ă ciel ouvert. Partout oĂč vous posez les yeux, des mosquĂ©es majestueuses surgissent, chacune racontant lâhistoire fascinante de lâEmpire ottoman. Sur mon chemin, je me suis arrĂȘtĂ©e devant la mosquĂ©e Bayazid II, un vĂ©ritable bijou architectural. Ses minarets Ă©lancĂ©s et ses dĂŽmes imposants respirent lâhistoire, et lâatmosphĂšre Ă lâintĂ©rieur est incroyablement paisible, presque hors du temps.





Entre les dĂŽmes majestueux de la mosquĂ©e Bayazid II et les ruelles animĂ©es dâIstanbul, rien de mieux quâun simit tout chaud à la main. Croustillant, parfumĂ© et parsemĂ© de sĂ©same, câest le goĂ»t authentique de la ville Ă chaque bouchĂ©e.

Le Bosphore et le pont des pĂȘcheurs : saveurs et panoramas
Direction le Bosphore, cĆur vibrant dâIstanbul, oĂč la ville se reflĂšte dans ses eaux scintillantes. Sur le cĂ©lĂšbre pont des pĂȘcheurs, les lignes sâalignent, les poissons frĂ©tillent, et les locaux passent leurs journĂ©es Ă tenter leur chance. Mais ce nâest pas tout : de petits stands de street food jalonnent le pont, proposant des sandwichs de poisson fraĂźchement pĂȘchĂ©. Croquer dans lâun dâeux, les yeux perdus sur le fleuve et les bateaux qui glissent lentement, câest goĂ»ter Ă Istanbul Ă la fois avec les yeux et les papilles.


La tour de Galata :
Je me suis ensuite dirigée vers la tour de Galata. Malheureusement, elle était en travaux lors de ma visite.
đ Si elle est ouverte lors de votre sĂ©jour, je vous recommande vivement de monter : la vue Ă 360° sur Istanbul est spectaculaire.

đ°Â Jour 2 : le palais de Dolmabahçe :
đïžÂ Billet rĂ©servĂ© sur Get Your Guide : 59 ⏠avec audioguide.
đĄÂ PrĂ©voir de la monnaie pour la caution de lâaudioguide.
â±ïžÂ Ă prĂ©voir : une demi-journĂ©e.
SituĂ© sur la rive europĂ©enne du Bosphore, le palais de Dolmabahçe est lâun des monuments les plus impressionnants dâIstanbul.

Construit au XIXá” siĂšcle sous le rĂšgne du sultan AbdĂŒlmecid I, il marque une rupture avec lâarchitecture ottomane traditionnelle et reflĂšte la volontĂ© de lâEmpire de se rapprocher de lâEurope. On y retrouve un mĂ©lange Ă©lĂ©gant de styles baroque, rococo et nĂ©oclassique, tout en conservant lâĂąme ottomane.
Avec ses 285 piĂšces, ses salons somptueux, ses lustres en cristal, ses feuilles dâor, ses tapis Hereke et ses marbres prĂ©cieux, câest le plus grand palais de Turquie.
Câest aussi ici que Mustafa Kemal AtatĂŒrk, fondateur de la Turquie moderne, passa ses derniers jours en 1938.




đ§ââïž DĂ©tente au hammam CaÄaloÄlu :

Impossible dâaller Ă Istanbul sans vivre lâexpĂ©rience dâun hammam traditionnel. Jâai choisi le hammam CaÄaloÄlu, construit en 1741 sous le rĂšgne du sultan Mahmud I, lâun des derniers grands hammams impĂ©riaux de la ville.
Son architecture mĂȘle tradition ottomane et influences baroques europĂ©ennes. Coupoles majestueuses, marbre blanc, lumiĂšre naturelle⊠tout est pensĂ© pour une expĂ©rience sensorielle unique.Â


Jâai optĂ© pour la formule hammam + gommage, mais des massages sont Ă©galement proposĂ©s. Pour finir, un cafĂ© turc et une pĂątisserie traditionnelle viennent parfaire ce moment de dĂ©tente. Malheuresement les photos sont interdites Ă lâintĂ©rieur.
đ°Â Le prix est un peu Ă©levĂ©, mais lâexpĂ©rience vaut vraiment le coup.
đ Jour 3 : MosquĂ©e Bleue & Citerne Basilique :
La MosquĂ©e Bleue (Sultanahmet Camii), joyau dâIstanbul :

La MosquĂ©e Bleue, officiellement appelĂ©e mosquĂ©e Sultan Ahmed, est lâun des symboles les plus emblĂ©matiques dâIstanbul. SituĂ©e face Ă Sainte-Sophie, au cĆur de la pĂ©ninsule historique, elle impressionne dĂšs le premier regard par ses six minarets Ă©lancĂ©s et sa silhouette majestueuse qui domine la ville.
Petite anecdote que jâadore : ses six minarets avaient fait scandale Ă lâĂ©poque, car seule la mosquĂ©e de La Mecque en possĂ©dait autant. Pour calmer les critiques, un septiĂšme minaret aurait Ă©tĂ© ajoutĂ© Ă La Mecque. Istanbul nâa jamais fait les choses Ă moitiĂ©.
âčïž Infos pratiques pour la visite:
La Mosquée Bleue se visite gratuitement, mais reste un lieu de culte actif.
đ PrivilĂ©giez une visite tĂŽt le matin ou en fin dâaprĂšs-midi, en dehors des heures de priĂšre (la mosquĂ©e ferme environ 90 minutes Ă chaque priĂšre).
đ Tenue correcte obligatoire :
Ăpaules et jambes couvertes
Foulard pour les femmes (prĂȘt gratuit Ă lâentrĂ©e si besoin)
Chaussures Ă retirer (des sacs sont fournis pour les porter avec vous)
đš Pourquoi âMosquĂ©e Bleueâ ?
Ă lâintĂ©rieur, elle doit son surnom aux plus de 20 000 carreaux de faĂŻence dâIznik, dĂ©corĂ©s de motifs floraux â tulipes, roses, Ćillets â dans des nuances de bleu, de vert et de blanc.
La tulipe, omniprĂ©sente, Ă©tait un symbole fort dans lâEmpire ottoman : elle reprĂ©sentait la perfection et la beautĂ© divine.


Lorsque la lumiĂšre traverse les plus de 200 vitraux, elle illumine les cĂ©ramiques et donne Ă lâensemble une atmosphĂšre presque irrĂ©elle, Ă la fois douce et majestueuse.
La grande coupole centrale, culminant Ă 43 mĂštres de hauteur, semble flotter au-dessus de la salle de priĂšre grĂące Ă une cascade harmonieuse de demi-coupoles. On ressent immĂ©diatement cette sensation dâĂ©quilibre et de grandeur typique de lâarchitecture ottomane classique.

đïž La Citerne Basilique, lâIstanbul secrĂšte:
à quelques pas seulement de la Mosquée Bleue et de Sainte-Sophie, on descend quelques marches⊠et tout change.
Le bruit de la ville sâefface. Lâair devient plus frais. La lumiĂšre se fait tamisĂ©e.
Construite au VIá” siĂšcle sous lâempereur byzantin Justinien Ier, la Citerne Basilique servait Ă alimenter en eau le Grand Palais impĂ©rial. Aujourdâhui, elle offre un tout autre spectacle.

Devant moi, 336 colonnes de marbre surgissent de lâeau sombre, parfaitement alignĂ©es. Les reflets ondulent doucement sur les voĂ»tes. On avance lentement sur les passerelles, bercĂ© par le clapotis discret de lâeau. LâatmosphĂšre est presque irrĂ©elle, comme si lâon pĂ©nĂ©trait dans un dĂ©cor de film.

Et puis il y a elles : les cĂ©lĂšbres tĂȘtes de MĂ©duse.
PlacĂ©es Ă la base de deux colonnes, lâune Ă lâenvers, lâautre sur le cĂŽtĂ©, elles intriguent. RĂ©utilisation architecturale ou symbole destinĂ© Ă neutraliser leur pouvoir mythologique ? Le mystĂšre demeure⊠et câest ce qui rend lâendroit encore plus fascinant.

Selon une lĂ©gende souvent racontĂ©e aux visiteurs, les Byzantins auraient volontairement orientĂ© les tĂȘtes ainsi pour neutraliser le pouvoir de MĂ©duse. Dans la mythologie grecque, quiconque croisait son regard Ă©tait pĂ©trifiĂ©. La placer Ă lâenvers ou de cĂŽtĂ© aurait donc empĂȘchĂ© son regard malĂ©fique dâagir.
Ce que jâaime ici, câest le contraste. Ă la surface, Istanbul est vibrante et bruyante. Sous terre, le temps semble suspendu.
âčïžÂ Infos pratiques pour la visite:
đ°EntrĂ©e payante (rĂ©servation conseillĂ©e).
â±ïžÂ DurĂ©e de visite : 30 Ă 45 minutes. Sol parfois humide, bonnes chaussures recommandĂ©es.
đïžÂ Jour 4 : les Ăles des Princes â BĂŒyĂŒkada:
Pour une pause loin de lâagitation urbaine, direction les Ăles des Princes (Adalar), sur la mer de Marmara. Accessibles en ferry depuis EminönĂŒ, KabataĆ, BeĆiktaĆ ou Kadıköy, la traversĂ©e dure environ 1h Ă 1h30.
Pour information, Les Ăles des Princes (Adalar en turc) forment un archipel paisible au large dâIstanbul, sur la mer de Marmara. Autrefois lieu dâexil pour les princes byzantins â dâoĂč leur nom â elles sont aujourdâhui une échappĂ©e idĂ©ale pour fuir lâagitation de la ville et dĂ©couvrir un autre visage dâIstanbul, plus lent et plus vert.
Lâarchipel compte neuf Ăźles, dont quatre sont accessibles au public : BĂŒyĂŒkada, Heybeliada, Burgazada et Kınalıada. Ici, les voitures sont interdites, ce qui donne aux Ăźles une atmosphĂšre unique, rythmĂ©e par les vĂ©los, les calĂšches autrefois (aujourdâhui remplacĂ©es par des vĂ©hicules Ă©lectriques) et les promenades Ă pied.
Jâai choisi BĂŒyĂŒkada, la plus grande Ăźle, cĂ©lĂšbre pour :
ses maisons ottomanes en bois
ses ruelles ombragées
son ambiance paisible (pas de voitures)
Je vous recommande vivement de louer un vĂ©lo pour dĂ©couvrir BĂŒyĂŒkada. Câest sans doute la meilleure façon de profiter de lâĂźle.
DĂšs lâarrivĂ©e Ă lâembarcadĂšre, vous trouverez plusieurs loueurs de vĂ©los. NâhĂ©sitez pas Ă comparer les prix avant de choisir, les tarifs peuvent varier dâune boutique Ă lâautre.
đ¶ Comptez environ 7 ⏠pour une demi-journĂ©e, ce qui laisse largement le temps de faire le tour de lâĂźle, longer la mer, admirer les magnifiques villas en bois et profiter des points de vue paisibles

Pause gourmande : un festin turc,
Pour finir cette journĂ©e dâexploration, jâai dĂ©cidĂ© de mâarrĂȘter pour dĂ©guster quelques spĂ©cialitĂ©s turques. Le choix Ă©tait immense, mais jâai craquĂ© pour un petit festin colorĂ© : tabbouleh frais, houmous crĂ©meux, une pizza turque bien garnie et des falafels croustillants. Chaque bouchĂ©e Ă©tait un vrai rĂ©gal, un mĂ©lange de saveurs et de textures qui rĂ©sume parfaitement la richesse de la cuisine dâIstanbul. Une pause qui a fait autant voyager les papilles que les yeux !


đšÂ Jour 5: Balat & croisiĂšre sur le Bosphore: couleurs et horizons
AprĂšs les grandes merveilles historiques, jâai eu envie de dĂ©couvrir un autre visage dâIstanbul. Direction Balat, lâun des quartiers les plus anciens et sans doute les plus photogĂ©niques de la ville.
DĂšs les premiĂšres rues, le dĂ©cor change. Ici, les maisons en bois aux façades colorĂ©es sâalignent sur des ruelles pavĂ©es en pente. Rouge, jaune, bleu pastel⊠chaque coin semble avoir Ă©tĂ© pensĂ© pour les photographes. Mais Balat nâest pas quâun joli dĂ©cor Instagram.


Pendant des siÚcles, le quartier a accueilli différentes communautés, notamment juives et grecques orthodoxes. On y trouve encore des synagogues discrÚtes, des églises cachées derriÚre de hauts murs et de petites échoppes traditionnelles. Ce mélange donne au quartier une atmosphÚre unique, presque hors du temps.

đ Petite anecdote : aprĂšs lâexpulsion des Juifs dâEspagne en 1492, lâEmpire ottoman en a accueilli beaucoup⊠et nombre dâentre eux se sont installĂ©s ici, Ă Balat. Le quartier est ainsi devenu un vĂ©ritable carrefour culturel.
En me perdant dans les ruelles, jâai croisĂ© des escaliers multicolores, des chats installĂ©s devant les portes, des cafĂ©s bohĂšmes oĂč le temps semble ralentir. Balat se dĂ©couvre sans plan prĂ©cis â il faut accepter de se laisser guider.

đ Petit conseil : prĂ©voyez des chaussures confortables ! Les rues sont pentues, et on passe son temps Ă monter⊠puis redescendre.
đą Une parenthĂšse sur le Bosphore:
AprĂšs lâeffervescence de la ville, rien de mieux quâune croisiĂšre sur le Bosphore pour prendre du recul.

Naviguer entre lâEurope et lâAsie est une sensation assez unique. En quelques minutes, on longe des palais ottomans, des villas en bois appelĂ©es yalı, des forteresses et des mosquĂ©es qui semblent surgir au bord de lâeau.

Le Bosphore nâest pas quâun simple dĂ©troit : câest lâune des voies maritimes les plus stratĂ©giques du monde. Depuis lâAntiquitĂ©, il relie la mer Noire Ă la mer de Marmara et a façonnĂ© lâhistoire dâIstanbul.

Ce que jâai prĂ©fĂ©rĂ© ? Le moment oĂč le bateau sâĂ©loigne un peu de la rive et que la silhouette dâIstanbul se dessine dans son ensemble. Les minarets, les dĂŽmes, les collines⊠La ville paraĂźt encore plus majestueuse vue de lâeau.





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